ChatGPT testé au bac : le résultat laisse tout le monde sans voix

Chaque année, au moment de l’épreuve de philosophie, des médias soumettent les sujets du bac à ChatGPT et font corriger sa copie par un professeur. Les notes publiées varient d’un test à l’autre, et aucune ne constitue une évaluation officielle. Ces expériences disent pourtant quelque chose d’utile sur ce que l’intelligence artificielle sait faire, et sur ce que l’épreuve attend vraiment d’un candidat.

Ce que ChatGPT fait plutôt bien

Face à un sujet de dissertation, ChatGPT produit en quelques secondes un texte propre. L’orthographe est soignée, le plan est visible, les parties s’enchaînent avec des transitions. L’outil cite volontiers des auteurs du programme, comme Platon, Descartes, Kant ou Nietzsche, et propose des définitions de notions.

Pour un lycéen, c’est un bon point de départ pour réviser. Vous pouvez lui demander de reformuler une notion, de vous donner des pistes de problématique ou de vous interroger sur un auteur.

Ce qui manque à une copie générée

Les correcteurs qui se prêtent à l’exercice relèvent souvent les mêmes faiblesses :

  • une problématique peu marquée, qui reformule le sujet sans vraiment poser de tension
  • des références plaquées, parfois approximatives, voire inventées
  • un ton neutre qui expose des positions sans les discuter
  • une conclusion qui résume au lieu de trancher

Or la dissertation de philosophie évalue précisément la capacité à construire un raisonnement personnel. Les programmes, publiés sur Eduscol, insistent sur l’analyse des notions, l’examen de la question posée et l’argumentation. Une copie qui aligne des connaissances sans les mettre en débat plafonne vite.

Le piège des citations inventées

ChatGPT peut attribuer à un philosophe une phrase qu’il n’a jamais écrite, ou mélanger deux œuvres. Ce phénomène, que l’on appelle hallucination, est connu des éditeurs d’IA eux-mêmes. Dans une copie, une citation fausse se voit immédiatement par un correcteur. En révision, vérifiez toujours une référence dans l’œuvre ou dans votre manuel avant de l’apprendre.

Utiliser l’IA pendant l’épreuve, un risque majeur

Le jour de l’examen, aucun appareil connecté n’est autorisé. Utiliser un téléphone ou tout autre outil non autorisé constitue une fraude. Les sanctions prévues pour la fraude aux examens peuvent aller jusqu’à l’annulation de l’épreuve, voire l’interdiction de passer un examen pendant plusieurs années. Le jeu n’en vaut évidemment pas la chandelle.

Bien réviser avec ChatGPT

Utilisé avant l’épreuve, l’outil peut vous aider à condition de rester actif :

  • demandez-lui de vous poser des questions sur une notion plutôt que de vous livrer un cours
  • soumettez-lui votre propre plan et demandez-lui de repérer ses faiblesses
  • faites-lui jouer le contradicteur sur une thèse que vous défendez
  • entraînez-vous à rédiger une introduction, puis comparez avec la méthode vue en classe

Ne lui demandez pas une dissertation toute faite à apprendre par cœur. Le jour de l’épreuve, le sujet sera différent, et vous n’aurez retenu ni la méthode ni le raisonnement.

Ce que ces tests nous apprennent

Les expériences menées chaque juin montrent surtout que l’épreuve de philosophie ne se réduit pas à des connaissances. Elle demande de prendre position, de justifier et de nuancer. C’est justement ce qu’une machine fait le moins bien, et ce que vous pouvez travailler toute l’année.

En pratique, ChatGPT peut vous servir de partenaire de révision, à condition de garder en tête ses erreurs possibles. Le raisonnement, lui, doit rester le vôtre.

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Sources

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